Course à pied revue et corrigée

Publié le 3 Mai 2014

Je vais vous dire une chose : je ne me suis jamais sentie plus en forme que depuis que je suis malade (bon, d’accord et surtout depuis que je me soigne.) Je fais beaucoup de vélo, je bouge, je me sens vraiment bien.

Il est vrai aussi que je me pique un sacré nombre de fois par jour, que mon cerveau est bouffé de calculs de glucides et d’insuline et que… et bien je crois que c’est ça, penser comme un pancréas : on pense tout le temps à son sucre et à ce qu’il peut bien faire, et on fait au mieux pour savoir quel type de sucres on est en train de manger et en quelles quantités. Tout le temps.

Alors pour que tout cela, toutes ces merveilleuses connaissances théoriques servent tout de même à quelque chose, j’ai décidé de reprendre la course à pied. Ma conseillère en diabète avait attiré mon attention sur un groupe de course à pied pour diabétiques, dans le cadre d’une étude sur l’effet du sport sur le diabète. Cela me semblait idéal: un groupe qui se retrouve une à deux fois par semaine, un encadrement médical pendant la course, une petite structure, et la caisse d’assurance maladie qui prenait 85% des coûts en charge… ça me paraissait super. Sur le papier.

En réalité… ça commençait à 19 heures et j’étais un peu en avance. Je pensais être un peu tranquille pour mesurer ma glycémie etc, d’autant que je venais de faire la route en vélo (30 bonnes minutes). Une personne d’une soixantaine d’années, petite et forte, n’ayant visiblement pas un profil athlétique est arrivée juste après moi en voiture et je me suis dit : tiens, les autres arrivent tôt aussi. Je salue donc la personne et lui demande si elle fait partie du groupe de diabétiques : « Oui, je suis Anna, c’est moi l’entraîneuse. » Gloups. Ah bon. Après tout me dis-je, si elle a les qualifications requises, point n’est besoin de ressembler à Schwarzenegger.

Les autres sont arrivés l’un après l’autre, les gens avaient environ 40-50 ans et tous avaient l’air motivé (ça se voyait aux tenues : quand les chaussures sont neuves, les gens sont motivés, il faut en profiter et les faire bouger!) Tout le monde avait l’air dans les starting-blocks, mais Anna faisait traîner les choses en longueur : présentation des membres du groupe, puis elle nous a donné une pochette format DIN A4 pour mettre nos documents et des documents (alors que nous venions justement de tout ranger : nous voulions courir !), puis elle a insisté pour que tout le monde fasse une glycémie (certains, comme moi, n’ont pas voulu : on venait juste d’en faire une un quart d’heure avant…). Bref, ça a un peu duré.

Nous sommes enfin partis, elle ne s’y prenait pas mal, avec des petites parties de course puis retour vers elle (qui ne courait pas à cause d’un rhume paraît-il).

Puis Anna nous a donné la consigne de courir jusqu’à un certain point (qui me semblait assez éloigné pour une première sortie, environ 1,5 km, donc 3 km avec retour, mais bon… nous étions là pour ça aussi)

Avec Fritz et Ute, avec qui j’avais tout de suite trouvé la même foulée, nous sommes partis en tête du petit peloton (en tout 8 coureurs). La consigne pour les rapides était de retourner au point de ralliement en ramenant les plus lents avec soi, afin de rentrer tous ensemble.

Le problème étant que la plupart des participants, de type 2 et qui sont vraiment grands débutants en sport, n’ont pas réussi le quart de la distance, trop longues pour eux, et une participante a fait une hypo, qui l’a contrainte ainsi que sa partenaire à faire une pause.

En somme, tous ont donc vite rejoint le point de ralliement et nous n’avons trouvé personne sur le chemin du retour. Vers le point de ralliement, ne voyant personne venir à notre rencontre, nous avons ralenti le rythme et marché un peu, devisant agréablement. Nous nous faisions un peu de souci pour les autres, et, voyant tout à coup Anna, nous nous sommes remis à trottiner vers elle… qui nous a enguirlandés comme du poisson pourri, disant que nous étions partis trop longtemps, qu’elle avait bien vu que nous avions marché et que nous nous étions donc tous trois beaucoup surestimés, que nous avions sûrement marché beaucoup pour avoir mis aussi longtemps…

Nous avons eu beau lui expliqué que nous ne nous étions pas arrêtés de courir, mais que le point fixé était simplement assez loin – avec calcul de minute au kilomètre à l’appui, elle n’a pas voulu en démordre et nous a passé un savon. Or, comme le disait Fritz, nous ne nous sommes pas surestimés, nous étions attentifs les uns aux autres. Nous cherchions juste un cadre dans lequel courir puisque nous trois avions une certaine expérience de la course.

Anna a répondu que d’abord tout avait très mal commencé puisque tous les participants n’avaient pas voulu contrôler leur glycémie au départ, ce qui montrait une indéniable mauvaise volonté. Ma conseillère Dörte, qui était présente, a tenté de concilier tout le monde en insistant sur le fait que la notion de contrôle était à manipuler avec délicatesse chez les diabétiques (surtout de type 1, surtout malades depuis plus de 20 ans, surtout ayant déjà une expérience sportive…) – je précise que l’entraîneuse était vraiment celle qui avait l’air le moins en forme physique et était la seule non-diabétique…

Pas moyen de la faire dévier de son discours de surestimation.

Résultat des courses : Fritz a quitté le groupe en lui rendant son classeur et tout le monde s’est quitté un peu déçu.

Par malheur, j’étais la dernière à pouvoir récupérer mon vélo, l’entraîneuse en a profité pour me faire subir un contre-interrogatoire pour savoir si nous avions vraiment marché ou non, pour me dire qu’elle n’était pas mécontente que Fritz quitte le groupe car elle n’aurait pas à se coltiner une forte tête alors qu’elle ne gagne tout juste qu’un euro par heure dans ce programme…

Vous imaginez que ce fut pour moi la goutte d’eau.

Pas question pour moi d’aller deux fois par semaine, 30 minutes de vélo à l’aller et au retour, passer 1 heure trente avec quelqu’un de mou et qui n’a pas l’air décidé à nous booster pour faire de la compétition – ce qui était mon but je le rappelle… - et surtout je n’ai pas l’impression qu’Anna soit une grande spécialiste du diabète…

 

Bref donc pour faire court, j’ai trouvé un site qui donne de très bons plans d’entraînement sur différentes distances. J’ai trouvé des sites allemands de blogueurs diabétiques sportifs, certes dispersés sur toute l’Allemagne, mais qui se retrouvent pour certaines courses – et notamment le Lauf zwischen den Meeren dont le nom est terriblement romantique et ça a l’air d’être une sacrée fête, mais je suis trop tard pour une préparation sérieuse, ce sera pour l’an prochain.

Après tout, diabète ou pas, je n’ai pas l’habitude qu’on me tienne par la main. Je retourne donc lundi une dernière fois pour rendre moi aussi mon classeur et prendre convenablement congé.

En attendant, je me suis concoctée mon entraînement pour finir les 10 km histoire de :

. se remettre dans le bain,

. de reprendre le rythme de la course deux fois par semaine,

. surtout de voir comment mon sucre réagi à la course à pied (activité différente du vélo, où le poids est porté par le vélo…).

Je me suis inscrite à une course de moindre importance dans 7 semaines (10 kilomètres), dont le but ne sera pas la performance mais juste de la finir en forme avec une bonne glycémie.

Puis j’aurai trois mois de préparation jusqu’à la grande course de début septembre, avec pour objectif 50-55 minutes.

Je vous indique ici l’adresse d’un site concernant le diabète – je vous promets des photos dès que j’aurai reçu mon t-shirt.

Et aussi quand j’aurai mes nouvelles chaussures de sport…

C’est tout de même dommage pour les organisateurs du projet de se priver de diabétiques sportifs motivés quand on fait une étude sur l’impact du sport sur la maladie…

 

Bonne journée à vous !

Rédigé par Amice

Publié dans #diabète, #sport, #thérapie

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