Le diabète et les (autres) médecins

Publié le 2 Avril 2014

Aujourd’hui, sujet délicat : les médecins. Je ne vais pas parler trop fort parce que j’en connais aussi, et même des très bons et qui écrivent d’excellents livres, cependant les diabétiques que je côtoie en connaissent aussi, et pas des plus doués en psychologie.

Il y a les médecins-les-pieds-dans-le-plat :

Un jeune homme, 40 ans, plutôt mince et diabétique me racontait hier qu’il avait rendez-vous pour un problème d’épaule chez un orthopédiste. C’était la première fois qu’il y allait et il lui fallait remplir une petite fiche. Je ne sais pas si c’est aussi comme ça en France, en tous cas en Allemagne, on ne remplit pas de petites fiches le jour de la rentrée scolaire mais la première fois qu’on va chez un médecin. Là, on doit indiquer si on a des tas de maladies ou si des membres de notre famille en ont, si on a déjà été opéré, etc. Je ne crois pas que les médecins regardent beaucoup cela, mais comme je ne travaille pas avec eux, je ne peux pas l’affirmer à 100%. C’est juste comme euh… un sentiment (dans une émission télévisée, un journaliste expliquait hier qu’en moyenne, les médecins allemands consacrent en consultation 8 minutes à leurs patients et que sur ces 8 minutes, le patient a tout de même 11 secondes entières pour expliquer ce qu’il a… Mais je le redis : tous ne sont pas comme ça).

Bref donc ce monsieur remplit sa fiche et indique sagement qu’il est diabétique. Il a de la chance, il est tombé sur un médecin qui lit la fiche et qui lui dit : « Diabétique ? Vous ? Mais où êtes-vous allé attraper ça ? Vous n’avez pas du tout le profil ! » (Je précise que le médecin s’est tout de même excusé plus tard).

Il y a les médecins-qui-ne-touchent-pas-la-balle-Comment-donc-nous-sommes-en-2014-et-les-thérapies-ont-évolué-depuis-mes-études-en-fac?:

J’ai rendez-vous chez le dentiste. Après son intervention, en partant, je lui demande quand je peux à nouveau manger. « Mais selon votre programme ! » « Mon programme ? » « Eh bien oui, vous êtes diabétique (ok, lui aussi avait lu la petite fiche), vous ne pouvez manger qu’à heures fixes ! » (Je précise que le mari et le fils de sa secrétaire sont diabétiques de type 1…)

Il y avait les médecins-diabétologues-qui-font-peur-pour-masquer-leur-impuissance :

Cela, c’est une « vieille » diabétique (enfin c’est son diabète qui est vieux, il a trente ans, elle est tombée malade à 20) qui le raconte. Il y a vingt ans de cela, il n’était pas possible au diabétique de piquer ni de contrôler sa glycémie quand il le souhaitait. C’était donc le médecin qui se chargeait de tout. La personne, qui avait donc environ 20 ans à l’époque, avait mangé la veille du rendez-vous chez le médecin une tablette de chocolat. Verdict du médecin le lendemain : « Si tu continues comme ça, on va te couper les pieds. » Et ce n’était pas une blague. Remarquez, elle en a entendu pas mal : de « Tu ne pourras jamais avoir d’enfants » à « Si tu veux avoir un bon taux de sucre, il faut manger le moins possible. » (à un moment où elle pesait 37 kilos...) Paroles de médecin je précise.

Il y a les médecins-qui-estiment-que-leur-patient-est-certainement-trop-vieux-pour-changer quoi-que-ce-soit:

Cette même personne me parlait d’un vieux monsieur diabétique qui suivait un régime ultra-strict depuis 50 ans et qui a découvert il y a 3 ans seulement, alors qu’il s’était rendu chez un autre médecin à l’occasion des vacances de son médecin habituel, qu’on pouvait manger un gâteau et piquer soi-même l’insuline en conséquence. Son médecin traitant ne l’avait tout simplement pas informé, les taux étaient bons, pas de problème. Ce monsieur âgé n’était tout simplement pas au courant! Il en pleurait de joie…

Conclusion :

. Changer de crémerie n’a jamais fait de tort à personne. On peut parfois aller voir ailleurs, chez un autre médecin, avoir simplement un avis différent. C’est d’autant plus vrai pour le diabète de type 1 que la maladie et le patient font justement 1, et que le patient est son meilleur médecin.

. Cette maladie est très mal connue par les médecins dont ce n’est pas la spécialité, et je serais tentée de ne pas cocher la case "diabète" sur la petite fiche si je vais voir un médecin pour tout autre chose. Ils pensent pouvoir étaler leurs connaissances dans ce domaine alors qu’ils n’en ont pas. Ne pas hésiter à les remettre à leur place – enfin gentiment quand même, on n’est pas des bêtes, mais enfin on a le droit de mettre les points sur les i.

. En cas d’accident, dès que vous en êtes capable, prenez vos affaires de diabète par-devers vous (au cas où vous deviez être hospitalisé) et en cas d’hospitalisation ne laissez jamais un médecin ni une infirmière s’occuper de votre diabète ! Si vous devez subir une opération, prévoyez d'injecter assez d'insuline basale pour le temps de l’intervention et du réveil. Certains docteurs pensent qu’il ne faut pas piquer d’insuline avant l’opération ! Si vous n’êtes pas à même de vous piquer, faites-vous aider d’un proche, de votre conjoint, qui lui ne remettra pas en cause votre jugement.

Pour terminer : un grand merci à tous les médecins, chercheurs, savants, qui se creusent le crâne pour les diabétiques, qui s’impliquent énormément envers leurs patients et leur consacrent plus de temps que raisonnable, et un grand merci à tous les ingénieurs et techniciens et ouvriers qui conçoivent, réalisent et produisent tous nos instruments de mesure, et qui s’échinent à nous simplifier ainsi la vie. Ce qu’ils font est extraordinaire.

Bonne journée à vous !

Rédigé par Amice

Publié dans #diabète

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