Diabète, outils et révélations

Publié le 4 Avril 2014

Aujourd’hui je voudrais vous dire les révélations que j’ai eues les jours passés – et pourtant croyez-le, les illuminations ne sont pas mon rayon…

J’avais la semaine dernière une réunion de formation et d’information pour diabétiques où deux participants m’ont montré l’usage qu’ils font de ce petit appareil.

mon nouveau lecteur de glycémies avec port usbmon nouveau lecteur de glycémies avec port usbmon nouveau lecteur de glycémies avec port usb

mon nouveau lecteur de glycémies avec port usb

C’est un lecteur de glycémie sur lequel on peut enregistrer la quantité d’insuline et quelle insuline on pique, ainsi que la quantité de glucides que l’on mange. On peut aussi cocher des remarques brèves : malade, sport, ne me sens pas bien, etc. Cet appareil est équipé d’un port USB, son branchement à l’ordinateur met en route un logiciel permettant de lire, d’imprimer, de modifier ou de compléter les données. Lorsqu’il nous a été présenté et gracieusement distribué il y a environ trois semaines, j’étais plutôt sceptique et me disais que mon carnet alimentaire et mon lecteur de glycémies simplifié suffisaient dans un premier temps, afin de prendre la routine, de mettre en place des rituels permettant de ne pas oublier de mesurer, noter et piquer, ainsi que pour avoir une vue d’ensemble des variations de glycémie selon l’insuline et ainsi pouvoir d’un coup d’œil ajuster les doses – d’insuline basale notamment, où il est bon d’avoir l’historique des taux du soir et du matin.

Effectivement, cela a bien marché, rituels et habitudes sont là et j’avais un excellent moyen de revoir combien j’avais piqué à tel plat et dans telle circonstance etc.

Mais cela a trop bien fonctionné. Il est tout de même pesant de devoir à chaque repas sortir carnet et crayon pour noter calculs et glucides, puis le second carnet pour noter les glycémies.

Avec ce petit appareil, j’ai changé ma façon de faire. Je calcule glucides et insuline plat par plat et n’ai pas de remords à piquer au fur et à mesure du repas : en deux clics, les données sont sauvegardées et je n’ai plus besoin d’y penser.

La deuxième révélation a été un simple déclic, car un des participants n’a pas les mêmes habitudes alimentaires que les miennes. Lui ne mange ni le matin ni le midi, mais prend un grand repas le soir.

Comme souvent pour les révélations, ce sont plusieurs petits détails qui s’assemblent petit à petit et qui font tout d’un coup un grand paf (sur le front : Bon sang mais c’est bien sûr !).

Car dans mon esprit, il fallait un apport d’insuline tout au long de la journée. C’est d’ailleurs juste. Mais les conséquences que j’en tirais étaient fausses ! Car je pensais être tenue de faire trois repas par jour afin de pouvoir piquer l’insuline. Et petit à petit, je me suis rendue compte qu’il me fallait plus d’insuline pour ces grands repas, et que ces grands repas appelaient plus d’insuline ! Car ces repas étaient tous plus équilibrés les uns que les autres et assez conséquents. Et récemment, je me suis rendue compte que je mangeais sans faim, par acquit de conscience, « pour mon insuline ». Car à tous ces plantureux repas s’ajoutent les calories du resucrage : dextrose, fruit, pain selon les circonstances – et je ne voyais pas du tout comment sortir de ce cercle vicieux ; comme quoi, on a vraiment des ornières parfois, et pour des trucs tout bêtes !

Tout d’un coup, ce fut le déclic – ne riez pas - : si tu n’as pas faim, ne mange pas ! Paf-bon-sang-mais-c’est-bien-sûr !

Mes enfants ne font pas autrement, nous ne les forçons jamais à manger quand ils n’ont pas faim, estimant qu’ils peuvent faire confiance à leur corps. Et ils vont très bien ! Et mon diabète n’a rien à voir là-dedans !

Depuis une semaine, je mange donc quand j’ai faim – autant vous dire qu’en ce moment ce n’est pas souvent -, à ma faim et jusqu’à ce que je n’ai plus faim, et basta. Et je me sens définitivement beaucoup mieux. J’ai reperdu le poids de ces dernières semaines, et je me réapproprie mon corps, mon appétit et mes sensations de faim et de satiété si chère aux excellents Drs. Apfeldorfer et Zermati.

Ce qui me chiffonnait aussi était de me piquer une quantité d’insuline pour tout le repas avant le repas comme il se doit. Késako quand on n’a pas encore ingurgité la quantité de glucides nécessaires pour couvrir l’insuline ? Et bien soit on mange en n’ayant plus faim, ce que je faisais avant, soit on pique en début de repas de plus petites quantités d’insuline, on mange plus lentement, on fait attention à la sensation de satiété avant de piquer la prochaine quantité d’insuline pour le dessert par exemple.

Comme je n’ai pas d’insuline dans le corps la matinée (car je n’en ai pas encore besoin), je fais attention : s’il faut que je fasse une activité physique, même si je n’ai pas mangé, je pique une unité d’insuline, afin que le glucose ne reste pas dans le sang mais passe dans les cellules, et je prends bien sûr des plaquettes de dextrose, une banane ou un petit pain. À partir de midi, j’ai à nouveau de l’insuline basale dans le corps. Si je n’ai pas faim, je mesure tout de même ma glycémie et agis en conséquence.

Je ne dis pas que je passe des jours à m’affamer, attention ! Je dis que je me rends compte que j’ai simplement besoin de manger moins ces temps-ci et… que cela me fait un bien fou !

Tout d’un coup, me voilà libérée d’un grand poids, au sens propre comme au sens figuré.

  • Je ne tiens plus de carnet alimentaire, sauf pour les plats exceptionnels, car j’ai remarqué qu’en fait, au quotidien, on mange toujours un peu la même chose, et la routine est mon alliée.
  • Je me sers de ce petit appareil, très pratique, qui ne prend pas beaucoup de place, et ne trimballe plus mes carnets en fin de compte assez encombrants et contraignants à remplir.
  • Je me libère ainsi des repas faits les jours précédents, qui en somme ne m’intéressent pas du tout. Ce qui est mangé est mangé, que m’importe que ce furent des pâtes, du riz ou des topinambours, ce sont les unités de glucides qui m’importent.
  • Je mange uniquement quand j’ai faim, en petites quantités et lentement, et je pique des doses d’insuline réduites afin de respecter mes sensations et de ne pas avoir à trop manger ou à me resucrer.
  • Je peux manipuler mes données sur ordinateur et les présenter proprement imprimées sur ordinateur pour analyse à ma diabétologue et son équipe plutôt que de leur présenter des calepins souillés de sang (ils disent qu’ils ont l’habitude mais quand même…)

Tout ceci, ainsi que le fait que je régule mes apports en basale de façon autonome, fait que je me sens ces derniers jours, non pas délivrée de la maladie, mais nettement plus maîtresse de la maladie. Ce n’est plus elle qui contrôle mon corps et me force à en faire ce que je ne veux pas, mais c’est moi qui la prend en main – autant que faire se peut.

Les rencontres avec d’autres patients et les discussions avec une équipe médicale sensible et en pointe me sont donc très bénéfiques. Une conseillère songeait à lancer une rencontre trimestrielle pour DID, une sorte de café du diabète…

Chic à nous et bonne journée à tous !

Rédigé par Amice

Publié dans #diabète, #alimentation

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