Diabète, complications et multiplications d’icelles - 3

Publié le 29 Mars 2014

Ou 1+1+1+1… = ?

 

Vous ne croyez pas que j'allais vous laisser sur deux billets terribles et pleins de maladies et vous laissez tout seuls comme ca? Nooon, pas tout-à-fait. Attaquons.

 

Vous l’aurez compris le mélange diabète-tabac-femme est assez percutant.

 

À tout ceci se rajoute l’hérédité. Là on ne peut pas y faire grand-chose : soit on vient d’une famille où les gens vivent jusqu’à 93 ans sans problème, soit on vient d’une famille – suivez mon regard – où beaucoup ont des problèmes cardiaques.

Effectivement là, on pourra me dire : ah tu vois, il n’y a rien à faire…

Si quand même : on peut le savoir ! S’informer ! Et adapter son comportement en conséquence: si j’ai déjà deux facteurs de risques inamovibles comme l’hérédité et le diabète, je peux encore activer mes trois autres jockers :

. l’alimentation – dont j’ai besoin,

. l’activité physique – dont j’ai besoin (je n’emploie pas le terme de sport à dessein, qui rebute très vite parce qu’on s’imagine devoir faire des footings ch… le dimanche matin alors que les autres mangent leurs croissants. Je préfère activité physique, qui regroupe dans mon esprit : le jardinage, le ménage, les promenades, les tours en vélo, faire ses fenêtres, de la tapisserie, bref toute activité où on n’est pas assis, et que l'on peut faire sans y penser à tout moment de la journée) et

. le non-tabagisme – car la nicotine ne passera pas par moi.

 

C’est-à-dire qu’on fait de la prévention cardiovasculaire. On prend soin de son cœur et de ses artères et on fait bien attention à ne pas avoir besoin de médecin (ici je vous renvoie à l'excellent documentaire allemand diffusé récemment sur 3sat, il s'agit certes d'orthopédie, mais enfin ce reportage incite plutôt à rester en bonne santé...).

Le risque de succomber à une maladie cardiovasculaire est multiplié par 2 à 3 chez le diabétique de type 2 – et par 4 à 5 chez la diabétique : la femme est nettement plus exposée (source).

Or les problèmes CV de la femme sont sous-estimés par le corps médical : ils ont la réputation tenace d’être plus spécifiques à l’homme (source).

 

 

Pourquoi fumer ?

Les arguments des fumeurs, qui sont tout de même des malheureux tout le temps obligés de se justifier, les voici :

 

1 . la cigarette me calme, m’aide à gérer le stress, elle me donne de l’énergie

2 . elle m’aide à me concentrer

3 . elle m’aide à rester mince, à contrôler mon appétit

4 . j’ai bien le droit de me faire plaisir non ?

5 . je ne t’embête pas avec ton chocolat, fiche-moi la paix avec mon tabac, ah ces anciens fumeurs, c’est bien les pires !

 

Comme nous avons vu dans le billet précédent, l’industrie du tabac nous manipule.

Or nous sommes des personnes libres et éclairées, qui ne souhaitons pas être manipulés et nous souhaitons maîtriser notre comportement tout seuls (aller dehors par une averse du tonnerre ou par -15°C pour en fumer une, toujours vérifier si on a bien un briquet, traverser la ville en voiture un dimanche matin pour aller juste chercher un paquet de cigarettes, ça n’est pas maîtriser son comportement, c’est se laisser diriger par le bout du nez par environ 10cm de papier roulé - attention à la langue). Parfait. Voyons donc…

 

Quelques stratégies pour arrêter de fumer

 

1 - Tout d’abord, et ça paraît vraiment très bête comme ça, mais c’est plus profond qu’il n’y paraît : n’allumez pas la cigarette suivante. Voilà, c’est tout : n’allumez pas la suivante. Disons pendant… une matinée ? Bon si vous tenez une journée, vous êtes drôlement motivé ! Je voudrais vous mettre en garde : si vous êtes grand fumeur et que vous souhaitez arrêter d’un coup c’est possible (je suis assez partisane de la manière forte), mais vous allez suer… au sens propre ! Vous passerez sans doute par une période très inconfortable, d’une semaine environ. Au bout de deux ou trois jours sans tabac, le corps entre dans la période de manque. Moi quand j’y étais ça me faisait penser au film L’Exorciste, là où la petite fille a la tête qui tourne sans tous les sens, j’étais malade dans mon lit à avoir d'abondantes sueurs froides, à ne pas pouvoir rester tranquille et à trembler et à me rendre compte que je sentais très mauvais et à me demander combien de temps allait durer ce cirque – rassurez-vous, 4 ou 5 jours après c’était bon, tout fini, même si on en ressort complètement lessivé, commeune lutte avec soi-même… Et surtout: n’allumez pas la suivante. Chaque cigarette que vous n'allumerez pas est une victoire, non sur ou contre vous-même, mais sur l'industrie du tabac! Félicitez-vous!

 

2 – Ne vous mettez pas dans la tête que ça va résoudre vos problèmes. Beaucoup mettent en avant le fait que l’on peut mettre de côté l’argent économisé en ne fumant pas, moui bon je suis sceptique là. Moi l’argent je l’ai dépensé tout de suite autrement, ça n’était pas non plus ma priorité à l’époque ni la raison pour laquelle j’avais arrêté de fumer. Mais enfin évidemment, cela peut être une bonne idée de mettre tous les jours les 5 ? 10 ? euros ainsi économisés… La cagnotte vacances va prendre du poids !

 

3 – Vapotez-vous ? Les avis sont partagés, on ne connaît pas encore les effets sur le long terme… moi je ne ferais pas – mais je le répète, je suis plutôt partisane du clair et net 0 ou 1. Je pense qu’il est bon d’arrêter de manipuler des objets de la forme d’une cigarette et de reproduire les mouvements que l’on fait avec une cigarette.

 

4 – Ne vous apitoyez pas sur votre sort !!! Mon Dieu il y a bien plus grave dans la vie, des choses autrement plus importantes ! Riez au contraire de votre manque : c’est bien, votre corps se libère de la nicotine!

Le manque que vous ressentez est une réponse de l’organisme au cerveau, qui remarque que le taux de nicotine baisse dans le corps. C’est ce qui rend nerveux, irritable, on n’arrive pas se concentrer, nom d’un chien il a bientôt fini de parler il faut que j’aille en fumer une moi… Vous le savez peut-être, mais la nicotine active les petites cellules du système de récompense)... Et qui dresse-t-on en le récompensant ? Eh bien vous voyez dans quelle estime vous porte Philip Morris !

C’est d’ailleurs pour cela que les fumeurs disent qu’une "bonne cigarette" (donc il y en a bine de mauvaises?...) les aide à se concentrer: le manque est calmé, on peut à nouveau penser clairement.

Ne vous inquiétez pas, les manques s’espaceront peu à peu : notez les écarts qui s’agrandissent, notez les moments où vous ne pensez plus au tabac ! Ne prenez pas au sérieux vos envies de fumer : c’est justement ce que veulent les vendeurs de tabac : que vous vous preniez au sérieux et que vous puissiez prendre des poses avec vos cigarettes; et tout d’un coup : que faire quand on attend quelqu’un ? que faire en attendant le bus ? que faire lors de la pause ? eh bien c’est simple : ne pas fumer, attendre simplement s’il faut attendre, se déshabituer de sa gestuelle de fumeur: ne pas allumer la suivante.

En revanche je vous le dis : les manques reviendront, et même longtemps après, et même s'ils sont de courte durée, de 30 secondes à 5 minutes, c’est là qu’une rechute est possible ! Soyez vigilants !

 

5 – Si vous avez besoin de vous occuper les mains quand le manque vient, faites vos poches : vous y trouverez sûrement un élastique, un vieux mouchoir, un trombone, une clé, peu importe : quelque chose que vous pourrez manipuler et qui vous détournera de la cigarette. Si vous êtes chez vous, je vous conseille la méthode pomme-poire de mon père: on prend un fruit et on le pèle trèèèès lentement en se concentrant sur ce qu’on fait. Observer votre manque, détachez-vous sciemment de lui avec chaque pelure de fruit. Vous pouvez également déchirer une à une vos cigarettes. Personnellement je ne l'ai jamais fait, car je me suis juré de ne plus jamais toucher physiquement une cigarette ou un paquet de cigarettes de ma vie. Pour l'instant, ça a plutôt bien marché (c'est une méthode comme une autre) et je ne me vois pas encore demander à quelqu'un de m'en tenir une si vous voyez ce que je veux dire?

 

6 – Soyez égoïste. Toute la journée vous faites des choses pour les autres : votre patron(ne), votre conjoint(e), vos enfants… arrêter le tabac, on le fait juste pour soi, pour ses poumons, pour personne d’autre. Et d’ailleurs, comme on est tout seul à allumer sa cigarette, il me semble bien normal qu’on soit aussi tout seul à ne pas allumer la suivante. Libérez-vous tout seul.

 

7 - Avoir quelqu’un à qui téléphoner, si possible quelqu’un qui est déjà passé par là, ça peut aider en cas de crainte de rechute. La rechute n’est pas obligatoire, mais elle peut se produire. Ça n’est grave : tout se que vous n'avez pas fumé a permis à votre organisme de se reposer. Continuez, persévérez: n'allumez plus la suivante!

 

8 – Faites la guerre aux cigarettiers (indignez-vous bon sang)! N’allez pas croire qu’ils sont préoccupés par votre santé et qu’ils mettent mais sans le dire de l’eucalyptus et de la camomille dans les cigarettes pour votre bien… Prenez conscience de la manipulation dont vous êtes victimes, refusez-la et n’enrichissez pas les cigarettiers, qui sont déjà multi-millionaires. Vous avez sûrement dans vos tiroirs une photo de vous enfant que vous chérissez particulièrement. Prenez cette photo, regardez-vous et souvenez-vous de vous enfant : aviez-vous besoin d’une cigarette ? Bien sûr que non ! Vous aimiez rire, danser, vous déguiser, grimper aux arbres et rêver, mais il ne vous serait jamais venu à l’esprit d’avoir besoin d’une cibiche pour rêver ou de vous récompenser d'avoir gagner aux billes en fumant?!? Aujourd’hui vous n’avez pas besoin du tabac non plus : une cigarette n’a jamais réglé les problèmes de quiconque ! (et, dans un souci d’équité, je note ici que ne pas fumer ne résout pas non plus les problèmes – ça permet juste de mieux respirer voyez?)

 

9 – Lisez Allen Carr, pourquoi pas ? Je l’ai lu et cela ne m’a rien fait, je n’étais sans doute pas encore pas assez mûre pour le déclic, mais un de mes amis l’a lu juste quand il en avait besoin : chez lui, ça a marché :)

 

10 – Enfin, et c’est peut-être le point le plus subtil : essayez de repérer les cigarettes-plaisir de la journée. Quand on dit ça, on se dit d'abord: ben toutes, je les aime toutes, sinon je n'en fumerais pas autant. En fait non, c'est comme les livres: il y en a qu'on aime plus que d'autres... En y réfléchissant, je n’en avais pas trouvé beaucoup : il y avait la première du matin, aaahh tranquille devant son café avant d'attaquer sa journée, ça c’était la meilleure. Après le repas de midi, ça c’était chouette aussi, en papotant avec des collègues au soleil, là aussi avec un bon café. Et puis avec une bonne bière aussi, je n’imaginais pas pouvoir reboire une bière sans fumer, ça n’aurait jamais le même goût... Eh non: c’est encore mieux ! (Après avoir arrêté de fumer, j’avais surtout très peur de boire de l’alcool parce que j’avais peur que cela me désinhinbe, que je ne me contrôle plus et que je refume. Cela n’a jamais été le cas.)

 

Bref il y avait en gros 2 ou 3 cigarettes dans la journée que j’appréciais vraiment. Et vous savez, ces deux malheureuses cigarettes, on peut aussi bien les laisser tomber, ça simplifie tout et on ne perd rien !

Le manque, l’envie viennent et reviennent, pendant plusieurs années, je ne vous le cacherais pas. Allen Carr compare cela je crois à une bête qui voudrait être nourrie. C'est un peu cela.

Mais on s'en détache au fil des mois: l'envie et le manque font un petit tour et ils s’en vont. Il faut les laisser venir, les observer et aussi les laisser repartir.

 

Bonne journée à vous et prenez soin de vous!

Rédigé par Amice

Publié dans #complications, #diabète, #tabac

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